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16 juin 2026mis à jour le 29 septembre 20266 min de lecture

Taxe de séjour : ce qu'un propriétaire loueur doit savoir en Gironde

Qui l'institue, qui la paie, comment elle se calcule pour un meublé non classé et dans quels cas la plateforme la collecte à votre place.

Table en chêne clair : feuille blanche, calculatrice, stylo plume, lunettes de lecture, tasse de thé et petite clé de laiton.

La taxe de séjour est l'obligation la plus fréquemment mal comprise par les propriétaires qui démarrent en location de courte durée. Elle n'est pas un impôt sur vos revenus, elle ne sort pas de votre poche, et pourtant c'est vous qui en répondez. Voici comment elle fonctionne, et ce que cela implique concrètement pour un logement situé en Gironde.

Ce que c'est, et ce que ce n'est pas

La taxe de séjour est une taxe locale facultative. Elle est instituée par délibération d'une commune ou d'un établissement public de coopération intercommunale. La délibération doit être prise avant le 1er juillet pour s'appliquer au 1er janvier de l'année suivante. Il n'existe donc pas de taux national : il y a autant de situations que de collectivités.

Elle est due par le voyageur, pas par le propriétaire. Vous n'êtes pas le redevable ; vous êtes le collecteur. C'est une distinction qui a des conséquences pratiques : la taxe doit être identifiée séparément du prix du séjour, affichée, puis reversée à la collectivité.

Sur le territoire de Bordeaux Métropole, la taxe est gérée à l'échelle de la métropole. Sur le Bassin d'Arcachon, la compétence peut être communale ou intercommunale selon les cas. La première chose à faire est donc d'identifier la collectivité dont dépend votre adresse.

Deux régimes : au réel ou au forfait

Taxe au réelTaxe forfaitaire
AssietteNombre de nuitées réellement passéesCapacité d'accueil, après abattement
RedevableLe voyageurL'hébergeur, qui la répercute sur ses prix
ComptagePar personne et par nuitéePar établissement
TVAExclue de l'assietteIncluse dans l'assiette

Le régime applicable dépend de la délibération de la collectivité. La taxe au réel est la configuration la plus courante pour un meublé de tourisme : vous comptez les personnes assujetties et les nuitées, et vous reversez le produit.

Comment se calcule le tarif

Chaque collectivité fixe son tarif par personne et par nuitée, à l'intérieur d'un barème national qui définit un plancher et un plafond par catégorie d'hébergement. Voici le barème applicable en 2026 :

Catégorie d'hébergementTarif plancherTarif plafond
Palaces0,70 €4,90 €
Hôtels, résidences et meublés de tourisme 5 étoiles0,70 €3,60 €
Hôtels, résidences et meublés de tourisme 4 étoiles0,70 €2,60 €
Hôtels, résidences et meublés de tourisme 3 étoiles0,50 €1,70 €
Hôtels, résidences et meublés de tourisme 2 étoiles0,30 €1,00 €
Hôtels, résidences et meublés de tourisme 1 étoile0,20 €0,80 €
Chambres d'hôtes, auberges collectives0,20 €0,80 €
Terrains de camping 3 à 5 étoiles0,20 €0,60 €

Le cas du meublé non classé

C'est le cas le plus courant lorsque le logement n'a pas engagé de démarche de classement. Pour un hébergement non classé ou en attente de classement, le tarif n'est pas un montant fixe : il correspond à un pourcentage compris entre 1 % et 5 % du coût de la nuitée par personne, dans la limite du tarif le plus élevé adopté par la collectivité. Sur Bordeaux Métropole, ce taux est fixé à 5 %.

Le calcul se fait donc en trois temps : on divise le coût de la nuitée hors taxes par le nombre d'occupants, on applique le pourcentage voté localement, puis on plafonne si le résultat dépasse la limite fixée par la collectivité.

Conséquence directe : le montant varie avec votre prix. Un même logement ne génère pas la même taxe en février et au 15 août.

Les taxes additionnelles

Au tarif communal ou intercommunal peuvent s'ajouter des taxes additionnelles. Le département peut instituer une taxe additionnelle de 10 % : la Gironde l'a fait. S'y ajoute, depuis le 1er janvier 2024, une taxe additionnelle de 34 % instituée par la loi dans onze départements du Sud-Ouest, dont la Gironde : elle s'applique donc aussi bien sur Bordeaux Métropole que sur le Bassin. Ces majorations sont calculées et recouvrées avec la taxe principale : elles n'ajoutent pas de démarche, mais elles font monter le montant final affiché au voyageur.

Pour connaître le tarif exact applicable à une adresse, le plus fiable reste le simulateur mis à disposition par la direction générale des finances publiques, ou directement le service taxe de séjour de la collectivité concernée.

Qui est exonéré

Quatre catégories de personnes ne sont pas assujetties :

  • les personnes mineures ;
  • les titulaires d'un contrat de travail saisonnier employés dans la commune ;
  • les personnes bénéficiant d'un hébergement d'urgence ou d'un relogement temporaire ;
  • les personnes qui occupent un local dont le loyer est inférieur à un montant fixé par la délibération de la collectivité.

Les mineurs représentent le cas le plus fréquent en location familiale, et c'est aussi l'erreur de comptage la plus courante : une famille de quatre personnes dont deux enfants ne paie pas quatre parts.

Le rôle des plateformes

Depuis plusieurs années, les professionnels qui proposent par voie électronique un service de réservation ou de mise en relation et qui sont intermédiaires de paiement pour des loueurs non professionnels sont tenus de collecter la taxe de séjour et de la reverser à la collectivité. Le versement intervient deux fois par an, au plus tard le 30 juin et le 31 décembre, accompagné d'une déclaration détaillée par hébergement.

Cela simplifie beaucoup la vie du propriétaire, mais avec deux réserves :

  • Les réservations en direct ne sont pas couvertes. Si un voyageur vous réserve par téléphone, par courriel ou via votre propre site, c'est à vous de collecter et de reverser.
  • La responsabilité du paramétrage reste la vôtre. Une annonce qui déclare une catégorie d'hébergement inexacte, ou un logement classé qui n'est pas renseigné comme tel, produit une collecte fausse.

Vos obligations concrètes

Que la collecte passe ou non par une plateforme, quelques obligations restent attachées à l'hébergeur :

  • afficher le tarif de la taxe de séjour dans le logement et le faire figurer sur la facture remise au voyageur, distinctement du prix du séjour ;
  • tenir un état des personnes hébergées : dates de séjour, nombre de personnes, nuitées, exonérations éventuelles ;
  • reverser le produit collecté au comptable public de la collectivité, selon la périodicité qu'elle a fixée ;
  • pour les régimes forfaitaires, déposer la déclaration avant le début de la période de perception.

Ce qu'il faut retenir

La taxe de séjour n'entame pas votre rentabilité, puisqu'elle est supportée par le voyageur. Elle crée en revanche une obligation de rigueur : un comptage juste, un affichage correct, un reversement dans les délais, et une vigilance sur la part des réservations qui échappe à la collecte automatique des plateformes.

C'est typiquement une tâche que Pop'n'Clés suit dans le cadre de la gestion d'un logement, aux côtés du paramétrage de l'annonce et des démarches administratives préalables à la mise en location. Pour le tarif exact applicable à votre adresse et les modalités de reversement, adressez-vous au service taxe de séjour de votre commune ou de votre intercommunalité.

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